Thomas V.
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16 mai 2008

Mission America, partie 1 Chapitre 5

Le voici, le dernier, tout chaud tout frais.

DISCLAIMER: Si vous n'aimez PAS les séance de sacres intempestives, les allusions culturelles et historique dans mon texte (mea cupla, cç'a été plus fort que moi ><), les allusions significatives à un CERTAINS remplaçant se désignant lui même comme "un des plus chaints et méchants de toute la comission scolaire des Découvreurs", et plein d,autres trucs pas propres comme Bob les aime, eh bien, ne lisez pas ce texte, car sinon vous pourriez être pas content dans votre coeur et vous changez en Ma-Yan-o-zaure.

Chapitre 5 BOUM!!!


Joe passa 30 minutes à s’ostiner avec le (très jeune) douanier sur l’heure tardive, le coût des billets et les bagages, que Joe avait amené en taxi. Taxi qu’il venait de quitter pour l’aéroport de Paris. Comme c’était l’équipe de nuit, personne ne le reconnût et cela compliqua (beaucoup) les choses. Le préposé à l’accueil n’aimait pas «l’heure tardive, quoi! C’est pas classe du tout quoi! C’est pas des façons, quand même!», la quantité de bagages («Mais c’est bien trop! Vous en apporter pour un régiment de terroristes, quoi? Vous savez c’que c’est un terroriste, oui? Vous voulez que je répète plus lentement?») et l’air de Joe et son accent. Le préposé l’avait tout de suite étiqueté comme «colonisé», et de fait, le traitait avec condescendance.

Chose très dangereuse que notre ami le préposé anonyme allait découvrir fort bientôt. Il est en effet pas très conseillé de traiter Joe Mc Claw comme un pauvre habitant du fin fond de Chibougamau des chaumières.

«-Comment ça un terroriste, maudit Français fréchié? C’est quoi l’hostie d’affaire, Saint-Ciboire? T’avais même pas trois ans alors que je m’usais le trou d’cul en Afghanistan à tabasser des terroristes, comme tu dis, tabarnac! Pis prends moi pas pour un criss d’habitant, mautadit verrat! Tu sauras que ch’t’un gars ben normal, faque achale moé pas, cristie! »

Comme Joe aurait dû le savoir le commis était plié en deux de rire («Mon Dieu! C’que vous êtes pittoresque, vous les Québécois!»). Joe le prit très mal et commençait à ressentir de sérieux picotements sur ses yeux. Il envoya donc un coup de pied retentissant dans le comptoir en trépignant. Le commis prit peur, appela la sécurité qui emmena Joe à une cellule fort peu accueillante.

Ils l’interrogèrent, et ce qui ressortit principalement fut que Joe avait été trop impatient, et le commis beaucoup trop fréchié. L’affaire aurait pu en rester là, et les deux partis auraient été contents, mais le préposé décida de se reprendre (aux yeux de ses supérieurs) en faisant un excès de zèle lors du contrôle de bagage de Joe et confisqua la vaseline, les condoms à la fraise et presque tout de matériel pornographique que Joe venait d’acheter au bordel qu’il venait de quitter.

«-Oulà!, s’exclama le jeune préposé. On dirait que le monsieur allait se payer une sacrée branlette, ce soir, pas vrai Alfred?»

Le Alfred en question ne répondait pas, sa capacité d’Attention entièrement tournée vers les volumineux seins de la fille qui faisait le poster central de PlayDude

«-C’est pas faux, murmura Alfred en marmonnant par la suite quelque chose au sujet d’un éventuel siliconage quoique ça avait l’air très naturel.»

Joe poireauta 3 heures dans l’aéroport, surveillé étroitement par deux gros gardes de sécurité, dont un complètement absorbé par une image de fornication.

Il monta dans l’avion, et s’endormit aussitôt, rompu par le massage et l’engueulade.


***


Au même instant, le chef Lebrun entreprenait de décorer le plancher avec ses rognures d’ongles, qu’il grignotait à toute vitesse sous l’effet du stress. L’affaire du douanier français assassiné venait de le frapper de plein fouet. Normalement ça aurait été aux autorités françaises de s’en occuper, mais là, le douanier était accompagné par un de ses hommes. Déjà qu’il avait reçu de très fortes réprimandes de la part de ses hauts patrons, cette fois, il était sûr que cela allait être pire, pour lui, du moins.

Déjà que le meurtre était sordide (un œil crevé et des côtes cassées AVANT la mort), il fallait en plus que McClaw se trouve à proximité de l’assassiné. Le chef Lebrun était sûr à 123325432654326% et trois quarts, avec une marge d’erreur aussi mince qu’un poil de chèvre que McClaw était innocent, mais pour ses supérieurs à Ottawa, toutes les pistes se valaient. D’autant plus que McClaw était un agent spécial envoyé sans la permission d’Ottawa, ce qui plaçait toute la responsabilité des morts éventuelles sur les épaules de McClaw et de Lebrun, indirectement. Il était donc très, très inquiet de la réaction de ses supérieurs. La première fois, il avait eu une réprimande publique et fort sévère. Cette fois, qu’est-ce que ça allait être? Une coupure significative dans on salaire? Non, pas assez sévère, il y avait eu mort d’homme.

Une mise à pied temporaire de quelques mois lui semblait le choix le plus plausible et le plus humiliant possible. Humiliant, car en 30 ans de longue et douloureuse carrière, passée à arrêter des gangs de rues, des proxénètes, à disperser des manifestants à coups de gaz lacrymogène, à attraper des pédophiles et à effrayer les gosses qui piquaient au dépanneur d’à côté, il avait TOUJOURS fait un travail irréprochable. Enfin irréprochable, si l’on évitait de mentionner certains détours fait au bordel « Les milles feuilles » pour aller conter fleurette à Patty, une petite jeune au moins trois fois plus jeune que lui (il frisait la soixantaine).

Aussi, il angoissait sur son sort, et rien ne parvenait à lui faire lâcher son stress, en effet, il avait fini la boîte de beignes en engloutissant littéralement la boîte de carton. Le chef mangeait ses émotions ainsi. Il avait englouti les beignes tellement vite, se faisant, en avalant une quantité non négligeable d’oxygène, qu’il sentait se tortiller dans son ventre (généreusement) rond et ballonné par l’angoisse. Cet oxygène se composa avec les sucres non digérés du potage de poireau qu’il avait ingurgité avant sa troisième boîte de beignes. Cette composition chimiques du sucres et d’oxygène tourbillonna un instant dans son estomac, avant de chercher à sortir sous la forme d’une forte flatulence. Se sachant seul, hormis un pédophile enfermé en cellule, le chef Le brun ne se retint pas.

Le résultat fut spectaculaire. L’horrible boule puante sortit avec violence et chaleur, faisant vibrer la peau autour de son anus. L’espace de quelques secondes, l’air devint irrespirable autour de Lebrun. La climatisation fit disperser l’odeur vers les narines (forts sensibles) du pédophile encellulé, lequel se mit à suffoquer, à la plus grande indifférence de Lebrun. Ce dernier était très content, le pet ayant détendu ses muscles abdominaux naguère forts tendus. Il se relâcha, et expira un soupir libérateur qui le fit glousser. Il s’en alla donc au Planet X, regarder un film avec quelques scènes lesbiennes, histoire de parfaire sa séance de relaxation.


***


McClaw se réveilla lorsqu’un môme américain trébucha sur sa chaussure. Ce faisant, par réflexe, l’enfant mit ses coudes en avant pour se protéger de la chute qui allait arriver. Par malheur, ses deux petits coudes noueux atterrirent directement dans les génitoires de Joe, ce qui acheva de le réveiller. À travers ses yeux exorbités, il pouvait voir le bambin rigoler en voyant sa face toute rouge congestionnée par la douleur.


Le petit mioche retourna s’asseoir sur les genoux de ses parents, de gros Texans probablement du genre à amener les flingue préféré dans leur poche. Donc Joe n’insista pas, et se mit à se masser.

Malheureusement, il fut surpris par une hôtesse qui prit ce thérapeutique massage pour une autre activité. Il fut donc prié de changer de place pour aller en troisième classe, dans le fond, près de la froide soute à bagages.

Lorsque l’avion s’arrêta, il descendit comme tout le monde et pour la première fois de sa courte vie, il posa ses yeux sur Istanbul, autrefois Constantinople la Musulmane, autrefois Byzance la Chrétienne, maintenant Istanbul la laïque avec toutefois 98% de sa population musulmane. Joe décida d’aller se renseigner sur le détroit de Bosphore, là où l’Étrippeur lui livrerait un second indice.

Il prit donc un taxi, et regarda cette étrange ville, où les grattes ciels se mélangeaient aux mosquées.

Il arriva devant un pont. Le chauffeur lui dit (en anglais) que c’était le pont du Bosphore, et que plus loin, on pouvait voir le pont Fatih Sultan Mehmet. Joe se pencha pour regarder le trafic maritime.

Les eaux de ce détroit était classé internationales, et de ce fait, faisait glisser sur leurs vagues d’énormes tankers et autres container et pétroliers. La plupart apportaient du pétrole venant de la Mer Noire, située plus au Nord. C’était un endroit très risqué, car les courants marins y étaient très forts, aux point qu’on en disait, avant la chute de Byzance provoqué par l’empire ottoman, que les eaux du Bosphore abritaient les mythiques monstres marins qu’étaient Charybde et Scylla.

Bien entendu, maintenant, plus personnes ne croyaient à ces fadaises d’une autre époque. Toutefois, dans ces eaux, un accident pourrait arriver très facilement.


Joe décida d’aller méditer pour savoir comment il pourrait attirer l’assassin proche, le neutraliser, et le ramener au Canada sans éveiller les soupçons. Il décida de louer une chambre dans un hôtel pittoresque, où il ingurgita tellement de loukoums et de baklavas, qu’il dût sortir afin de restituer le tout derrière le mur de l’hôtel. Il se sentit mieux.

Alors qu’il rentrait pour admirer la danseuse du ventre que le patron avait fait venir pour la fête d’un de ses fils, Joe se sentit happé par l’arrière. On lui foutu un mouchoir imbibé de chloroforme dur la bouche et le nez, et McClaw tomba évanoui.


Il se réveilla fort mal-en-point attaché à une chaise, dans une pièce plongée dans la pénombre. Il resta assis ainsi de longues heures, avant qu’une porte s’ouvre et ne laisse passer un immense rayon de lumière.

«-Bien le bonjour, sieur McClaw. Comment allez-vous? Le chloroforme n’a pas été trop fort pour vous? . Ma foi, hormis la fatigue, vous m’avez l’air fort convenable pour ce que je vous réserve…
Enfin, vous verrez bien. Pour commencer, apprenez mon nom. Si je vous le dis, c’est que je n’ai rien à perdre. Je m’appelle Jean-Bernard Hudson. Je ne vous dirais pas mon âge, cela serait inconvenant, dit-il en riant.»

McClaw leva finalement les yeux et vit un petit homme, comme tant d’autres, avec une moustache, de grosses lunettes carrées et vêtu d’un imperméable beige avec un chapeau de la même couleur.

«-Alors, Monsieur McClaw, qu’est-ce qui vous branche dans la vie? Quand vous étiez petit que vouliez-vous faire?»

Pas de réponse, hormis le froid et méprisant silence que Joe maintenant à l’adresse de Jean-Bernard.

«-Hmm, je vois, un petit gêné… Ce n’est pas grave, monsieur McClaw, je vais vous ire ce qui ME branche dedans la vie. C’est bien simple, c’est provoquer des choses. N’importe lesquelles. La mort de certaines personnes, par exemple. Ou l’effondrement de certaines sociétés, pour envoyer du monde à la rue. Comme c’est drôle. Pour l’heure, ce qui m’intéresse va être de loin mon plus grand coup de génie, s’il réussit. Et je réussis TOUJOURS ce que j’entreprends, monsieur McClaw. Car, comme vous allez le constater, je suis un génie. Un génie du MAL, oui! Maintenant, ouvrez grand vos yeux chassieux et regardez…»

Hudson apporta un chariot sur roue sur lequel trônait une maquette représentant le détroit de Bosphore, une partie d’Istanbul et les deux ponts qui enjambaient le détroit. Ensuite, il bidouilla quelques fils, et présenta à Joe un bouton.

«-Vous voyez, monsieur McClaw, que mon génie est immense. Ceci n’est qu’une vulgaire maquette en carton-pâte. Dans la réalité, tout est déjà mis en place. De quoi, vous demandez-vous? Simple, les bombes! J’en ai disposé, fort subtilement, au pied de chaque pont, sur les deux rives. Je n’aurais qu’à appuyer sur un bouton, et TOUT s’écroulerait. Mais je ne le ferais pas. Pas tout de suite. Voyez-vous, je veux reproduire la catastrophe du 13 mars 1994, mais en plus gros. Savez-vous, monsieur McClaw, quatre pétroliers se croiseront dans les eaux du détroits, cet après-midi à 14 heures. Oui, vous avez été inconscient bien longtemps. Deux iront dans un sens, deux iront dans l’autre, ce qui fait qu’une paire va croiser l’autre. C’est là que ça se corse. Au moment que les deux bateaux second seront passés en dessous desdits ponts, je ferais exploser les bombes. Au même instant, des hommes postés sur les ponts tireront au sniper sur les pétroliers premiers. Quel beau déluge de feu et de béton cela sera! Ensuite, les deux autres pétroliers restant arrêteront pour essayer de repêcher d’éventuels survivants. Ensuite, je fais confiance aux eaux dangereuses du détroit»

Il appuya sur le bouton. La maquette s’effondra, dans l’ordre que Jean-Bernard avait prédit. Joe se tortilla pour regarder sa montre.

«-Ne vous bilez point, intervint Hudson. Il n’est que midi. Dans deux heures, tout sera finit. À le revoyure.Oh! attendez : j’ai un truc pour vous.»

Il glissa une feuille de papier dans la poche de Joe. Il partit ensuite, sifflotant.


Joe resta seul dans le noir. Sa première action fut de se libérer. Pour cela, il se tortilla assez longtemps pour pouvoir prendre son briquet qui était dans sa poche arrière. Il l’alluma , mais celui-ci tomba. Par bonheur, il avait enflammé les cordes, qui étaient très sèches. Joe parvint à se libérer en tirant sur ses liens avant que le feu se mette à s’intéresser à ses vêtements.

Il se leva, et pensa que la porte était barrée. Il résolut de la défoncer à coups de pieds. Malheureusement (pour ses pieds), la porte était bien ouverte, il fallait juste qu’il tourne la poignée. Joe se fit donc très mal, mais il était libre. Soit Jean-Bernard était très stupide, soit il était si mégalomane qu’il voulait voir Joe assister à son triomphe. Le deuxième cas était, selon Joe, le plus probable.

Il observa son environnement. Des steppes à pertes de vue. Il avait été enchaîné dans un bunker anti-atomique, construit par les soviétiques. Il datait de 1972. Il tomba sur un éleveur de chèvres, et lui demanda la plus court chemin pour se rendre à Istanbul, et de là, gagner un des deux ponts. Mais si jamais l’éleveur comprit la question, Joe ne comprit jamais la réponse. Il dû se résoudre à dire « Istanbul ». L’éleveur comprit, et pointa du doigt une direction. Joe avisa une Jeep qui datait de la même époque que le bunker. Il mit le contact et partit comme un fou, un écrasant quelques moutons qu’un berger promenait.

Il arriva en vue d’Istanbul vers 13 :45. Il ne lui restait que quinze minutes. Il s’avança vers les ponts. Ziguzaguant à travers le trafic. Il fut arrêté pour une auto patrouille. Il eut beau leur dire qu’il le faisait pour le bien se LEUR pays, rien n’y fit. Il était 13 :55 lorsque les policiers le firent se ranger sur le bas-côté. Il sortirent ensuite leur petit carnet et lui concoctèrent, avec une extrême lenteur, un énorme amende. De là où il était, Joe voyait les pétroliers arriver. L’autre pont était un beaucoup plus loin, mais Joe supposait que les pétroliers devaient s’amener de ce côté aussi.


13 :58. Les policiers avaient finit leurs écritures, et remettaient les petit papier à Joe. Ils s’en furent ensuite sur le pont. Mal leur en prit


14 :00 : BOUM!!!!


Suite trop probablement après Boston, FFS.

Glware à la grande chèvre!


Récits | Thomas V.


Commentaires

En un mot, magnifique.

En plusieurs mots organisés en phrases...

Bon sang, ce que tu as du talent pour l'écriture! Encore une fois, tu m'épates. Ton récit a une bonne longueur et est d'une qualité vraiment incroyable.

Encore Bravo!

P.S: D'où te vient toute ton inspiration?

Écrit par Michaël le 16 mai 2008

Un instant... le dernier?

Oh... eh bien, j'espère que tu continueras à écrire quand même! J'adore toutes tes oeuvres, en particulier MISSION AMERICA!

Écrit par Michaël le 18 mai 2008

Le dernier... à ce jour. Jouons sur les mots, car telle est la volonté de la grande chèvre.

Écrit par Thomas V. le 19 mai 2008

Superbe! Que sa volonté soit respectée, dans ce cas, et qu'une suite soit écrite!

Continue comme ça, tes textes sont excellents!

Écrit par Michaël le 19 mai 2008


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